Propos pour sages, hommes cultivés et autres raisonneurs de ce siècle.

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jeudi 9 février 2017

Le pape François a-t-il changé la discipline des sacrements ?


Mais alors dirent-ils, si telle est la condition de l'homme avec sa femme, mieux vaut encore ne pas se marier (Mt, 19,10).



Tristan_et_Iseut


On entend dire partout que les divorcés remariés peuvent dans certains cas accéder aux sacrements de la réconciliation et de l’eucharistie. Il n'en faut pas plus pour mettre en ébullition blogueurs et journalistes toujours à l'affût d'un changement de la doctrine de l’Église. Dans certains cas ? Mais quels cas ? Ce pape jésuite est-il un casuiste ? Et d'ailleurs, n'avons-nous pas tous droit à la miséricorde ?

1. Dans certains cas ?


« Si l’on en vient à reconnaître que, dans un cas concret, il y a des limitations qui atténuent la responsabilité, [...] Amoris Lætitia ouvre la possibilité d’accéder aux sacrements de la réconciliation et de l’eucharistie. » Ce propos, tenu par les évêques de Buenos Aires et validé par le pape, ferait de lui le fossoyeur de 2000 ans de christianisme. C'est le retour en force du libéralisme condamné par les papes du XIXème siècle, bref, la ruine de la morale catholique.

Aux divorcés remariés est proposé un discernement au cas par cas. Si le pape avait dressé un catalogue des situations concrètes dans lesquelles l'admission aux sacrements était possible, on serait bel et bien dans la casuistique. Mais il n'en est rien. « Ce qui fait partie d’un discernement pratique face à une situation particulière, dit-il, ne peut être élevé à la catégorie d’une norme. Cela non seulement donnerait lieu à une casuistique insupportable, mais mettrait en danger les valeurs qui doivent être soigneusement préservées » (AL 304).

Le pape a validé le principe d'un examen au cas par cas. Il n'y a là rien de contraire à la tradition, ainsi que Mgr Aillet l'a fort bien expliqué, n'en déplaise aux esprits chagrins qui veulent voir partout des ruptures et par qui le scandale arrive.

Dans leur lettre adressée au pape le 19 septembre 2016 , les quatre cardinaux rappellent que, pour recevoir l'absolution, les divorcés remariés doivent s'abstenir des actes réservés aux époux. « Dans le sacrement de la pénitence, la réconciliation — qui ouvrirait la voie au sacrement eucharistique — ne peut être accordée qu'à ceux qui, repentis, sont sincèrement disposés à une forme de vie qui ne soit plus en contradiction avec l'indissolubilité du mariage. »[1]. Cette pénitence est réitérable en cas de rechute, car la probabilité d’une nouvelle chute ne nuit pas à l’authenticité de la résolution. [2]

Si le pape n'a pas répondu aux quatre cardinaux, c'est qu'il est d'accord avec eux sur le fond — qui ne dit mot consent — mais qu'il ne peut leur donner publiquement raison car ce serait admettre que le texte d'Amoris Laetitia ne se suffit pas à lui-même, qu'il nécessite des explications complémentaires voire des amendements, ce qui n'est pas envisageable s'agissant du texte conclusif du synode. C'est pourquoi les cardinaux, par égards pour le pape, n'auraient pas dû rendre leur lettre publique.

Quant à tous les scribes qui reprochent à Amoris Laetitia et au pape de cultiver la confusion et l'ambigüité, ils feraient mieux de nous guider vers la seule lecture possible de ce texte, celle qui procède d'une herméneutique de la continuité.



2. La miséricorde pour tous.


« Ce n’est pas le fait qui prouve le crime, mais le jugement.
Les hommes voient le fait, mais Dieu voit les cœurs, et, seul, il est vrai juge. »
[3]
« Dieu ne regarde pas comme les hommes : les hommes regardent l’apparence, mais le Seigneur regarde le cœur. » (1 samuel 16 7)

A l'autre extrémité on entend des revendications formulées dans des termes parfois fort vifs de la part de certains divorcés remariés, y compris dans des mouvements comme les équipes Reliance qui gravitent dans l'orbite des équipes Notre-Dame. Des ecclésiastiques ou théologiens de haut rang [4] apportent de l'eau au moulin, appelant de leur vœux un changement de la discipline des sacrements. Il en va, disent-ils, d'epieikeia, d'indulgence, bref de miséricorde.

Ces gens sont dans la confusion entre droit et morale. Comme toute collectivité humaine, l'Eglise a besoin de règles internes qui n'ont pour objet que de permettre son fonctionnement. Le droit canon et la discipline des sacrements appartiennent au champ du droit, ce sont des règles nécessaires à la vie en commun. Elles ne préjugent en rien de la miséricorde qui est d'abord un attribut divin, même si le prêtre s'en fait l'intermédiaire dans le sacrement de la confession et même s'il nous est demandé d'être miséricordieux comme notre Père est miséricordieux (Luc, 6,36). Les hommes voient les faits et leurs jugements sont imparfaits, quoique nécessaires. Seul Dieu voit les cœurs et seul il est vrai juge. La justice des hommes n'est pas la justice de Dieu.

On peut comprendre qu'il soit difficile pour certains ecclésiastiques de faire cette distinction car ils sont à la fois chargés de faire respecter la discipline et de dispenser le sacrement de pénitence, qui est par excellence le sacrement de la miséricorde. D'où un risque de confusion[5] faisant dire improprement à certains que le droit interne à l’Église catholique repose sur la miséricorde.

Passer outre la discipline au nom de la miséricorde revient à faire de celle-ci une norme juridique supérieure. Or, la miséricorde n'est pas un droit. Le prétendre serait tomber dans l'erreur de Baius[6], qui voyait dans la grâce une exigence légitime de la créature envers le Créateur.

Luther avait poussé cette logique à son terme avec le principe du salut par la foi seule. Peu importent nos œuvres et la manière dont nous vivons, le salut nous est dû dès lors que nous croyons. D'où la perte du sens de la confession et l'acceptation du divorce chez les protestants.

Conclusion


• Non le pape François n'a rien changé à la discipline des sacrements.

• Bien des divorcés remariés nous précèdent dans le royaume de Dieu (d'après Mt, 21, 31).

• Faire bon accueil aux pécheurs n'est pas leur donner le bon Dieu sans confession, ni l'absolution sans l'engagement de se convertir.



Notes

[1] Veritatis Splendor 84 ; Compendium 226 ; Sacramentum Caritatis 29

[2] ceci est rappelé dans Amoris Laetitia note 364.

[3] Le roman de Tristan et Iseut - version de Joseph Bédier

[4] par exemple le cardinal Kasper et le père Garrigues, dont je remarque au passage qu'ils ne sont pas juristes.

[5] Voir un bel exemple de cette confusion dans le commentaire de Jean-Yves Bouchaud à la fin de cet article rappelant la position de la congrégation pour la doctrine de la foi.

[6] Voir le chapitre 1 d'Augustinisme et théologie moderne d'Henri de Lubac.

vendredi 20 novembre 2015

Le problème de l’historicité et l’influence de l’idéalisme allemand dans la pensée de Walter Kasper


Voici le texte d’une conférence donnée le 4 novembre 2014 à Vienne par M. le Professeur Thomas Heinrich Stark, professeur de philosophie à l’Institut Benoît XVI de philosophie et de théologie d’Heiligenkreuz im Wienerwald, Autriche (université de droit pontifical).

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A gauche : Hegel (1770-1831) ; à droite : le cardinal Walter Kasper (né en 1933)

Le texte original allemand de cette conférence se trouve ici :

http://una-voce-austria.at/fileadmin/pdf/Vortrag_Stark_04112014.pdf

On en trouve une traduction en anglais ici :

http://www.catholicworldreport.com/Item/3935/german_idealism_and_cardinal_kaspers_theological_project.aspx

Une traduction en français existe, mais comme je n'en ai trouvé qu'un bref extrait sur le site de la revue catholica :

http://www.catholica.presse.fr/2015/06/19/la-foi-hegelienne-de-walter-kasper/

j'ai traduit moi-même de l'allemand cette conférence. Je vous livre ici le texte de cette traduction.

Historicite_et_idealisme_allemand_chez_Walter_Kasper.pdf

mardi 19 mai 2015

Dites aux enfants de prier pour la France


En décembre 1947, la Vierge Marie est apparue à l'Île Bouchard (voir la carte) à ces quatre fillettes :


4Voyantes
Les évènements de l'Île Bouchard

Un chrétien est-il forcément un nationaliste ?

mercredi 8 avril 2015

Si vous vous convertissez, vous ne périrez pas comme eux.

Les tremblements de terre au Népal comme la catastrophe de l'A320 nous rappellent ce passage de saint Luc (Lc 13 4) qui raconte l'effondrement d'une tour à Jérusalem ayant entraîné la mort de 18 personnes écrasées sous les décombres : « et ces dix-huit personnes tuées par la chute de la tour de Siloé, pensez-vous qu’elles étaient plus coupables que tous les autres habitants de Jérusalem ? Eh bien, je vous dis : pas du tout ! Mais si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous comme eux. »

Les catastrophes, qu'elles soient naturelles ou la conséquence d'erreurs humaines, nous inspirent un sentiment d'injustice, d'autant plus fort que nous sommes plus proches des victimes. Pourquoi ceux-là sont-ils morts ? Pourquoi cet arrêt brutal de la vie ? Pourquoi la technique ne nous a-t-elle pas mis à l'abri de ces situations ? Pourquoi la sécurité totale n'existe-t-elle pas ?

Au temps de Jésus on croyait que ces catastrophes étaient des punitions. Les victimes méritaient leur sort à cause de leurs fautes personnelles et Dieu les punissait. Aujourd'hui encore, certains accusent Dieu.

Jésus nous détrompe. Ces personnes ne sont ni plus ni moins coupables que tout un chacun. Douce ou brutale, la mort est le lot commun de l'humanité. Absolument rien ne nous distingue de ces victimes, car rien ne nous permet d'échapper à la mort ni de prévoir le moment de notre mort : « vous périrez tous comme eux ».

Seul moyen d'en réchapper : se convertir. Jésus, le chemin, la vérité et la vie, nous livre la solution. Si vous vous convertissez, vous ne périrez pas comme eux. Se convertir, c'est faire de notre vie terrestre le commencement de la vie éternelle. Le chrétien, en qui habite l'Esprit de Dieu et qui vit en Dieu dès ici-bas, ne périra pas : il vivra éternellement (Rm 8).

vendredi 14 février 2014

Le premier venu qui me trouvera me tuera.


Sermon de Mgr Clemens August von Galen, évêque de Münster
en l'Eglise Saint-Lambert, le 3 août 1941 (extraits)




Bx Card. Clemens August von Galen


Depuis quelques mois nous entendons des rapports selon lesquels des personnes internées dans des établissements pour le soin des maladies mentales, qui ont été malades pendant une longue période et sont peut-être incurables, ont été de force enlevées de ces établissements sur des ordres de Berlin. Régulièrement, les parents reçoivent peu après l'annonce que le patient est mort, que son corps a été incinéré et qu'ils peuvent recevoir ses cendres.

Les soupçons se transforment en certitude que ces nombreux décès inattendus de malades mentaux ne se produisent pas naturellement, mais sont intentionnellement provoqués, en accord avec la doctrine selon laquelle il est légitime de détruire une soit-disant " vie sans valeur " ; en d'autres termes de tuer des hommes et des femmes innocents, si l'on pense que leurs vies sont sans valeur pour le peuple et pour l'État. Une doctrine terrible, qui cherche à justifier le meurtre des personnes innocentes, qui légitime le massacre violent des personnes handicapées qui ne sont plus capables de travailler, des estropiés, des incurables, des vieillards et des infirmes !

Comme j’en ai été bien informé, dans les hôpitaux et les hospices de la province de Westphalie sont préparées des listes de pensionnaires qui sont classés en tant que " membres improductifs de la communauté nationale " et qui doivent être enlevés de ces établissements et être ensuite tués rapidement. [...]

J'ai été assuré qu'au ministère de l'intérieur et au Service de l'officier médical en chef du Reich, le Dr Conti, aucun secret n’est fait du fait qu'un grand nombre de personnes mentalement malades en Allemagne ont effectivement déjà été tuées intentionnellement et que ceci continuera. [...]

Quand j'ai eu connaissance de l'intention d'enlever des patients de Marienthal, j'ai déposé le 28 juillet une plainte chez le procureur de Münster, au tribunal du Land à Münster, et à Monsieur le président de la Police par lettre recommandée. [...]

J'avais déjà écrit le 26 juillet aux autorités de la Province de Westphalie qui sont responsables du fonctionnement de l'hôpital psychiatrique et des patients confiés à eux pour veiller sur eux et pour les soigner, protestant dans les termes les plus forts. Cela n'a eu aucun effet. Le premier transport des victimes innocentes sous sentence de mort a quitté Marienthal. Et de l'hôpital de Warstein, ce sont, comme je l’ai entendu, 800 patients qui ont été déjà enlevés.

Nous devons donc nous attendre à ce que les pauvres patients sans défense soient, tôt ou tard, tués. Pourquoi ? [...]

Parce que par le jugement d'un certain organisme officiel, sur la décision d'un certain comité, ils sont devenus " indignes de vivre ", parce qu'ils sont classés en tant que " membres improductifs de la communauté nationale ". Le jugement est qu'ils ne peuvent plus produire aucun bien : ils sont comme une vielle machine qui ne fonctionne plus, comme un vieux cheval devenu boiteux de manière incurable, comme une vache qui ne donne plus de lait. [...]

Mais il ne s'agit pas ici de vieilles machines, nous n'avons pas affaire à des chevaux et à des vaches, dont l’unique fonction est de servir l'humanité, de produire des biens pour l'humanité. Elles peuvent être détruites, ils peuvent être abattus quand ils ne remplissent plus leur fonction. Non : ici il s’agit d’hommes et des femmes, nos prochains, nos frères et sœurs ! De pauvres êtres humains, des êtres humains malades. Ils sont improductifs, si vous voulez... Mais cela signifie-t-il qu'ils ont perdu le droit de vivre ? Avez-vous, ai-je le droit de vivre seulement aussi longtemps que nous sommes productifs, aussi longtemps que nous sommes reconnus par d'autres comme productifs ? [...]

Si un jour on admet que les hommes ont le droit de tuer leur prochain improductif, bien que cela soit actuellement appliqué seulement à des patients pauvres et sans défenses, atteints de maladies, alors la voie sera ouverte au meurtre de tous les hommes et femmes improductifs : le malade incurable, les handicapés qui ne peuvent pas travailler, les invalides de l’industrie et de la guerre. La voie est ouverte, en effet, pour le meurtre de nous tous, quand nous devenons vieux et infirmes et donc improductifs. Alors on aura besoin seulement qu’un ordre secret soit donné pour que le procédé, qui a été expérimenté et éprouvé avec les malades mentaux, soit étendu à d'autres personnes improductives, qu’il soit également appliqué à ceux qui souffrent de tuberculose incurable, qui sont âgés et infirmes, aux personnes handicapées. [...]

Alors aucun homme ne sera plus en sûreté : n’importe quelle commission pourra le mettre sur la liste des personnes improductives, qui dans leur jugement sont devenues indignes de vivre. Et il n'y aura aucune police pour le protéger, aucun tribunal pour venger son meurtre ni pour amener ses meurtriers à la justice. Qui pourra alors avoir une quelconque confiance dans son médecin ? Il pourrait signaler un patient comme improductif et des instructions pourraient alors être données pour le tuer !

On ne peut s’imaginer la dépravation morale, la méfiance universelle qui s'étendra au cœur même de la famille, si cette doctrine terrible est tolérée, admise et mise en pratique. Malheur aux hommes, malheur au peuple allemand quand le saint commandement de Dieu : " Tu ne tueras pas ! ", que le seigneur a donné au Sinaï dans le tonnerre et les éclairs, que Dieu notre créateur a écrit dans la conscience de l'homme au commencement, si ce commandement n'est pas simplement violé mais si sa violation est tolérée et exercée impunément ! [...]

" Tu ne tueras pas ! " Dieu a écrit ce commandement dans la conscience de l'homme longtemps avant que n'importe quel code pénal n'ait établi de peine pour meurtre, longtemps avant que n'ait existé un quelconque procureur ou une quelconque cour pour instruire et punir le meurtre. Caïn, qui a tué son frère Abel, était un meurtrier longtemps avant qu'il n’ait existé d’États ou de tribunaux. Et il avouait sa faute, pressé par sa conscience qui l’accusait, en disant : " Mon méfait est trop grand pour que je puisse trouver le pardon, le premier venu qui me trouvera me tuera " (Genèse 4.13-14).

lundi 6 janvier 2014

Si vous souffrez, allez en Belgique, on vous soulagera rapidement.

En Belgique, l'euthanasie ne cesse de s'étendre comme un cancer. Le nombre d’euthanasies déclarées double tous les quatre ans. 704 en 2008, 1432 en 2012.
Seules 50% environ des euthanasies réellement pratiquées sont déclarées. Le nombre réel d'euthanasies est donc environ le double des chiffres ci-dessus.
La loi belge est ridiculisée.
Le portail des services publics belge proclame hypocritement que l'euthanasie est un droit strictement réglementé, alors qu'il est impossible d'en contrôler les conditions d'application.
Vous avez déjà essayé de contrôler des médecins ?
La Commission de contrôle et d’évaluation laisse tout passer.
Ses membres sont issus d'ADMD et de lobbys pro euthanasie en situation de conflit d'intérêt majeur.
L'euthanasie est devenue un acte discrétionnaire des médecins euthanasiaques.
Trahissant le serment d'Hippocrate, ils présentent l'euthanasie comme une voie thérapeutique.
Pour supprimer la maladie, ils proposent de supprimer le malade.
Le critère de la maladie grave et incurable est délibérément ignoré.
Voici venue l'euthanasie pour convenance personnelle.
Convenance de qui ? Je demande.
On tue désormais au nom du droit à un état de complet bien-être physique, mental et social.
Et on voit bien là toute la perversité de la définition de la santé par l'OMS, au nom de laquelle on peut tout justifier.
Lao-Tseu l'a dit : il faut trouver la voie...

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